Amouragan (Intervenant non inscrit)
| Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 5h58: | |
Le ciel était nu. Pas un nuage n'y flottait. Tout son bleu était là, présent, resplendissant, éclatant et net sans taches. Rien ne le ciselait, pas même le vol en corolle d'un aigle noir ou d'un rebelle faucon. À l'horizon se déroulait, à vive allure, un immense tapis de sable. Les dunes, zébrées par un feuilleté faisceau d'ombres, se ruaient, ocres vagues, à mes pieds. Les rayons du soleil, las d'avoir trop brillé, accouraient, à l'oblique, se courber sur ma peau. Un lézard égaré ou peut-être aux aguets me pointait du regard alternant prestes clins de paupières et lents balancements de queue. Juché sur un rocher, accroupi, bras ballants, je sentais brusquement une crue de beauté inonder un instant mon regard dévidé. Une oasis de vie narguant hautainement, le temps d'un vif coup d'aile d'un joyeux colibri, un tumultueux linceul de sable par trop fin. Mon visage muait. Sur ses rides, coulait rus. Pas même un cil n'y battait. |