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Alain31 (Intervenant non inscrit)
| Envoyé vendredi 04 novembre 2005 - 14h58: | |
Ton sang me coule à flot, chaud et irrespirable, au rythme de ton coeur qui se bat. Il se vide par vagues, sur mes mains d'enfant, par cette fente profonde dans ton cou poignardé. Une main sans remords s'applique à maintenir béante ta plaie par d'experts mouvements de lame. L'autre main empoigne mes cheveux. Accroupi, je pleure, je hurle, sous les coups et les cris. Mes mains pataugent de force dans la bassine rouge, qui se remplie lentement aux jets de ta vie, de tes insoutenables cris, de tes soubresauts vains, de la honte qui m'envahi, pour extraire les fibres que ton sang tisse rapidement comme une dernière bataille. Tu n'avais aucune chance, couché sur un banc de chêne, muselé, la mâchoire supérieure attachée à un piquet de fer par une sangle de cuir sale, les membres liés par deux tenus par deux adultes forts et fiers, ta queue en tire-bouchon, immobilisée par un enfant souriant, ravi d'avoir été choisi pour cette démonstration de force. Ton agonie lente ton combat, tes cris et le mal qu'ils t'ont fait, et le mal qu'ils m'ont fait, hantent encore et mes jours et mes nuits. |
Tm (Tm)
Identificateur : Tm
Inscrit: 1-2005
| Envoyé vendredi 04 novembre 2005 - 19h35: | |
Aucune chance, non. Telle est la cruauté des humains. Et je crains fort que le taureau dans l'arène n'en ait pas beaucoup plus. Ni non plus les hôtes des forêts, que l'on vise soigneusement. Imaginons deux secondes -c'est à la mode- qu'un prédateur d'outre-cosmos, plus intelligent que nous -ce n'est pas si difficile- descende dans notre aquarium: nous laissera-t-elle plus de chance, cette créature de Dieu? Merci pour ce poème très fort, Alain. |
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