Didier (Intervenant non inscrit)
| Envoyé samedi 25 février 2006 - 19h46: | |
Tous les trains, tous les avions du monde attendent que sur leurs sièges ton corps vagabonde, enveloppent tes formes de leurs soies esseulées, de leur tissus fourbus, de leur toiles trop usées. Et que dire des bateaux ! Couchettes et transats regardent les jours passer sans jamais te voir inscrite sur les carnets de bord ! Tous, de l'omnibus népalais aux paquebots prestigieux, fiers et flottants palais, ils espèrent ta venue et rêvent de trajets en ta douce compagnie. Les pousse-pousses encombrés des rues brumeuses de Chine et leurs sièges haletants. Les bacs brinquebalants passeurs de fleuve d'Afrique aux bancs de bois branlants. Tous attendent ton passage; que ton corps pose ses courbes délicates sur leurs velours soyeux. Les fibres des bois précieux des palais impériaux se languissent de toi, attendent que s'assoupissent les fibres de ta peau et connaissent enfin un bonheur même fugace qui allège ta course et te redonne forces. Pour que de sièges en sièges, fauteuils et strapontins se relaient solidaires et tracent le chemin de tes errances folles, abreuvent généreusement ta soif de découvrance et te mènent sans faillir du trône de Saint Pierre jusqu'aux marches immortelles des plus beaux temples andins. Pour que tu ne t'arrêtes d'être comme tu es, simplement, insatiable trotteuse du cadran de la montre, adorable voyageuse d'une planète qui montre à ceux qui veulent voir les beautés enfouies. Toi, ta beauté humaine elle s'offre à tout le monde, je veux la contempler sans cesse, sans répits; je veux m'en rassasier debout ou bien assis. |