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Y Denoyelle
| Envoyé mardi 20 juillet 2004 - 19h01: | |
Je vis dans une ville cernée de radars D'où nul bruit ne jaillit pas même de mitraille Ni la clameur de ceux qui perdent leurs entrailles Pour s'être vus un jour sous d'autres étendards En ce matin radieux je vais à mon travail Sous l'oeil approbateur des caméras complices Je suis un homme heureux qui aime la police Et le combat sans fin qu'elle mène aux racailles En tant que citoyen je veux qu'on me protège De mes mauvais instincts, de mes pensées salaces Je gagne ma cellule aux murs de plexiglass Heureux de travailler, conscient du privilège L'ordinateur sourit gobant le mot de passe Trente niveaux sous moi j'aperçois les roquettes Lancées par nos soldats pour qu'elles déchiquettent Quelques vauriens transis privés de carapaces A mon écran plasma s'affichent les consignes Et je suis à l'affût des suspects sans prudence Qu'il faut emprisonner, mes doigts au clavier dansent Déchiffrent du réseau les impalpables signes Comme souvent tenté par une douce errance Je pioche un nom de femme au centre de la liste Et je décode expert l'intrigue terroriste Le filigrane enfoui de sa correspondance Il n'est secret qui tienne aucun ne me résiste Brûlés serez, soumis, écorchés sans relâche Enfants perdus venez, renoncez au supplice Ralliez nos bataillons avant qu'on vous arrache Tendres agneaux naïfs aux mains de l'Antechrist ! Emportez vers l'oubli vos tristes maléfices. |
anonyme
| Envoyé jeudi 26 août 2004 - 23h58: | |
Photographie sans retouche,moitié noir et blanc, moitié couleurs,bel instantanè d'un quotidien quasi ordinaire, à photocopier en des millions d'exemplaires, et à distribuer à tous ceux,qui, nombreux, partagent cette analyse trés réaliste de l'atmosphère du temps présent,à l'exprimer, ou à la taire, mais certainement de maniére moins poétique. Bravo et merci! |
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