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Abîmes poétiques : le forum » Vos textes (publication libre) » Archives octobre 2005 - mai 2006 » Soir orageux « précédent Suivant »

Auteur Message
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 9h17:   

Siffle le vent, entre les murs et les buissons,
Rampant sur le goudron d’une grâce féline,
Sous le regard des étoiles du ciel bleu marine,
Siffle le vent, porte les feuilles à l’horizon...

Le tintement des gouttelettes cristallines
Résonne dans les ruelles labyrinthiques,
La nuit et son silence réveillent d’antiques
Légendes enterrées au plus profond des mines...

Un voile liquide couvre la capitale,
Masquant les pas feutrés de cette créature
Que les hommes jugent contraire à la Nature,
Invoquant Dieu, le saint-esprit et la morale...

Morale bancale pour eux qui détruisent
La Terre-Mère qui nous a tous enfanté,
Qui de ces arbres et de ces fleurs colorés
Sait nous enchanter, nous apporter une bise...

O lycanthrope, sort de ta tanière oubliée,
Rejoins tes frères qui marchent avec la tempête,
Pour le respect de ta race, sans perdre la tête,
Respect, liberté, dans une guerre déchaînée...

Que les couples s’aiment et s’unissent à la gloire
De Tout l’Univers, honorant la Création.
Que les guerriers combattent en diapason
Avec les vibrations qui fécondent l’histoire...
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 14h27:   

J'aime mieux celui-là que le précédent, bien que je le trouve moralisateur à outrance; mais tu rétablis l'équilibre, me semble-t-il, grâce aux images. As-tu voulu flirter avec l'alexandrin?
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 16h57:   

Flirter avec l'alexandrin oui... du mieux que je peux. J'ai longtemps écris (enfin essayer) en alexandrins.

Coté morale, chaque poème est figé dans le temps, et correspond donc à un état d'esprit général précis... enfin, vous le savez certainement. Sans compter que parfois l'écriture permet de sortir des choses qui restent habituellement enfouies, ce qui peut donner ce genre de discours "moralisateur". Un cri de rage imagé en quelque sorte... De toute façon, rien n'est a prendre au pied de la lettre et comme tel, c'est avant tout des ressentis traduits en mots, je pense qu'il faut faire plus que lire un poème, il faut entrer dedans... M'enfin bref je parle trop...
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 17h15:   

oui je pense que si on ne sait peut etre pas parfaitement écrire des poèmes on sait à peu près les lires ici
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 17h16:   

bienvenue au fait anarchangel
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 17h33:   

Merci Nao pour la bienvenue :-)
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 18h13:   

Bienvenue, anarchangel! (Nao est plus poli que moi!)

Je disais "flirter" parce que tous tes vers ne font pas douze syllabes et je me demandais si c'était volontaire.
Je trouve qu'au-delà de douze syllabes, si on veut rester dans les règles classiques, il est préférable de passer au verset (terme peu clair, d'ailleurs)... Qu'en penses-tu?
Quand je disais "moralisateur à outrance", je n'exprimais que mon goût, bien sûr.
Je me répète, mais j'aime bien tes images:
"Siffle le vent, entre les murs et les buissons", "Un voile liquide couvre la capitale", et beaucoup d'autres.

Autre chose: que dirais-tu de supprimer la ponctuation, pour alléger ton texte?
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 19h39:   

Tous ne font pas 12 syllabes ? Hum il faudrait que je relise, si tu as un exemple, ça m'aiderais.

Pour la ponctuation, certains poèmes en ont, d'autres pas, depuis que j'ai commencé à écrire je suis partagé, dois-je laisser le lecteur lire ainsi qu'il le désirs, ou alors le guider, et en quelque sorte "imposer" une façon de lire... Suivant les poèmes, ça s'impose ou non... Mais je je n'ai jamais essayé "d'enlever" la ponctuation pour voir ce que ça donne... Pourquoi pas !

Dis-moi, tu pourrais me rappeler ce qu'est un verset (une petite lacune de mémoire désolé) ?

Et merci beaucoup pour ta "répétition" de ton goût pour les images de mes poèmes.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 21h23:   

"Morale bancale pour ceux qui détruisent" = 11 syllabes.

"Que les couples s'aiment et s'unissent à la gloire" =13 syllabes.

Peut-être as-tu buté sur un problème d'E "muet":
il compte pour une syllabe, en fin de mot et à l'intérieur du vers, à condition d'être suivi d'un consonne et d'être libre de la marque du pluriel (-s)...
A moins que tu aies tenu compte de la prononciation orale de la langue (mais ça n'explique pas les 11 syllabes...).

Le verset est défini par défaut:

"D'après la définition qu'en donne Jean Mazaleyrat, on appelle VERSET "toute UNITE DE DISCOURS DELIMITEE PAR L'ALINEA ET QUE SON ETENDUE EMPECHE D'ETRE PERCEPTIBLE COMME VERS". On n'est donc plus, à proprement parler, dans le domaine du vers."
(Michèle Aquien, "La versification" (PUF, "Que sais-je" n°1377)

Il peut être structuré en sous-mètres ("verset métrique") ou libre ("verset cadencé"). On ne peut parfois que difficilement le distinguer de la prose ("verset amorphe"). En fait, c'est la fréquence de l'alinéa (toutes les deux ou trois lignes approximativement) qui est le plus sûr critère.

M.Aquien ajoute plus loin:

"Certes, les différentes règles classiques du compte des syllabes sont désormais partiellement caduques en tant que telles, et la prononciation de la poésie a tenu compte des changements de la langue courante. Mais pour autant, elle n'est pas calquée sur elle; elle l'utilise et s'en démarque à la faveur des choix de lecture."

Rien ne t'oblige donc à rectifier quoi que ce soit dans la métrique de ton poème.

Au plaisir de te lire!
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 21h35:   

Quelques exemples pour faire passer ce baratin indigeste:

"Ainsi la vigne sous ses grappes traînantes, ainsi l'arbre fruitier dans le jour de sa bénédiction.
"Ainsi l'âme immortelle à qui ce corps périssant ne suffit point!
"Si le corps exténué désire le vin, si le coeur adorant salue l'étoile retrouvée."

(Paul Claudel, "Cinq grandes odes": versets cadencés)

Le choix de Claudel s'imposait: le mot "verset" a été créé pour la bible.
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 13 octobre 2005 - 22h58:   

Un verset c'est donc un vers plus long que 12 syllabes ? J'avoue que j'ai du mal à saisir la différence...

Pour les deux citations de mon poème, je le vois comme ça :

"Mo-ra-le ban-ca-le pour ceux qui dé-trui-sent"
Donc 12.

"Que les cou-ples s'aiment et s'u-nissent à la gloi-re"
12 aussi.

Tu pourrais me montrer ton "découpage" histoire de comparer, et que j'apprenne quelque chose sur ces E muets donc je ne connais pas tout (mes seuls références sont mes cours de français de CM2 et de seconde/première, pas forcément ce qu'il y a de plus complet)

Le verset, la bible, effectivement je n'avais pas fait le rapporchement qu'on appelait ça des versets... Dit-moi, dans un poèmes, quand on excède les 12 syllabes, bref quand on touche au verset, doivent-ils tous être de la même "longueur" ? Qu'en est-il des poèmes où les vers ne sont jamais de la même "longueur" (comprendre "meme nombre de syllabes") ? Est-ce encore un poème "littérairement" parlant ou simplement un pseudo-poème ?

Au plaisir de te lire aussi, ça fait du bien de pouvoir parler sans se griffer les yeux pour des querelles stériles sans intérêts (je fais référence à mon premier poème posté).
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 9h24:   

moi je compte 11 à chaque fois...
les dernières syllabe dans ces cas la ne se comptent pas,
Il existe différente forme de poème classique : quatrins, rondeaux, et je ne sais quoi encore et différents type de vers, alexandrin et d'autre dont je ne me rappelle plus les noms...Et puis il y a le poème libre : là c'est à toi de créer ton propre style, après il est interessant de pouvoir garder un rythme
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 10h33:   

Selon les règles classiques:

"MoralE bancalE pour ceux qui détruis(ent)"
"Que les couplEs s'aimEnt et s'unissEnt à la gloir(e)"

Comme le dit Nao, le -e final, à la rime (en bout de vers) ne compte jamais. (Même en poésie libre: ce serait trop artificiel.)

Les vers qui n'ont pas la même longueur (on dit aussi "quantité") sont dits "libres", "irréguliers", "hétérométriques"... Peu importe. S'ils ne composent pas des poèmes "classiques" (et encore: La Fontaine fait exception), avec cela on fait des poèmes quand même, affranchis des règles traditionnelles.

Quant aux versets, c'est -hélas- plus compliqué que ça! Imagine un poème où tous les vers auraient 13 syllabes. Ou quatorze. Ou quinze. On serait bien embêté pour parler de versets, car leur disposition sur la page les feraient apparaître clairement comme des vers. Un des critères du verset est qu'il est trop long pour que l'oeil l'identifie directement comme un "vers"...
Je crois que le verset n'a pas fini de faire couler de l'encre sous la plume des spécialistes!
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 13h12:   

Je note dans ma tête la règle du e muet en fin de vers, je ne savais pas, ça explique qu'il y ai 11 et pas 12 syllabes.

Un poème écrit en versets s'appele encore un poème ? Les versets doivent rimer ou pas ?

Juste une autre question concernant les e muets, pourquoi dis-tu Tm que ça serait "trop artificiel" ?

Merci a vous deux, Tm et Nao pour vos réponses, c'est très enrichissant.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 19h30:   

Un poème en versets est toujours un poème, de même qu'un poème peut être écrit en prose (cf. "Le Spleen de Paris" de Baudelaire, "Gaspard de la nuit", d'A.Bertrand et de nombreux recueils de poésie moderne, par exemple les "Proêmes" de F.Ponge).
Si tu veux lire des poèmes en versets, Saint-John Perse était un spécialiste en la matière.

Il n'est pas recommandé de faire rimer des versets. Mais on peut décider à l'intérieur du verset de faire des effets d'écho (assonances, allitérations, bref toutes les homophonies possibles et imaginables).

Compter le "e muet" en fin de vers, même en poésie moderne (c'est-à-dire libre), c'est aller contre la logique phonétique de la langue française (ce qu'on appelle sa phonologie), qui tend à ne pas prononcer les "e muets" (appelés aussi "caducs" pour cette raison précise).

C'est un plaisir pour moi que d'aider un poète.
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 21h27:   

Merci beaucoup pour tout ça, ça fait chaud au coeur :-)
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 14 octobre 2005 - 21h34:   

Encore a propos de ce E muet...

Imaginons :

Le chien se fait charme, la chatte est mon âme.

Le E de charme doit-il être obligatoirement "entendu" ? Ou peut-il, à la volonté du pôète, devenir un E muet, pour marquer une plus forte coupure que s'il avait été "entendu" ?
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé samedi 15 octobre 2005 - 11h59:   

Tu as le choix:

-ou tu veux respecter les règles classiques, et alors tu as "charmE", puisque l'initiale du mot suivant est une consonne;

-ou alors tu décides de t'en affranchir, et tu comptes sur ton lecteur pour qu'il lise "charm(e)". Il y a de fortes chances pour que ce soit gagné d'avance, grâce au fait que ce vers se perçoit aisément en deux parties égales:

"le chien se fait charm(e),/la chatt(e) est mon âm(e)" = 2 x 5 syllabes

grâce en grande partie à la rime interne (-am) et à la virgule après "charme".

Grâce aussi à d'autres lois phonétiques et poétiques (accentuation, allongement de la voyelle en syllabe fermée et en fin de séquence) et au parallélisme de la construction...

Bref, si tu décides l'amuissement (i.e. la disparition) du -e de charme, tu donnes à ce vers son harmonie maximale.
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé samedi 15 octobre 2005 - 12h21:   

Ok, merci beaucoup pour les précisions

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