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Abîmes poétiques : le forum » Vos textes (publication libre) » Archives octobre 2005 - mai 2006 » écus de chocolat « précédent Suivant »

Auteur Message
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 18 octobre 2005 - 10h21:   

Mon amour était trop grand pour toi
pas grave, tu grandiras
dans une autre que moi

<>...x...<>

Mon amour était un sans nous
un sens pas nôtre
un sang que mien

<>...x...<>

L'amour n'existe pas
cependant, son pendant,
la haine, non plus

<>...x...<>
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 22h19:   

Tenter de restituer l'inconsistance des cris, des larmes et toutes ces choses est une manière de se tuer. Poétiquement, c'est une belle mort quand même.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 25 octobre 2005 - 21h51:   

ça devient lourd, alors je continue ici. Les mots dits qui tuent. Et puis, je n'aime pas non plus les mots que l'on écrit en les pensant si bien, qu'on ne les pense même plus, une fois le papier atteint.

brioche -.90 €
pain aux graines 1.78 €

Voilà des mots qui ont de la consistance. La prestance d'une brioche, ses sucre, lait, sel, noisette de beurre, sans oublier, la levitation cosmique imprégnant les particules de germes de blé fermentées juste à point.

Et puis le prix. Les prix. Voilà qui donne de la valeur aux mots.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 25 octobre 2005 - 22h10:   

Je suis profondément heureuse. Parce que je suis en vie. Cette ligne de vie qui se brise trop tôt, dans ma main, a trouvé un sens moindre. Durant des années j'ai eu peur. Peur enfouie de cette mort qui a osé, dans la nuit de mes temps, se dessiner dans mes mains. Je suis en vie. Les traits peuvent s'arrêter, les lignes se courber, s'effacer. Le dessein est posé, et ne fera que s'enrichir de cellules qui se vident, créant de si beaux losanges. Losange tintant de vie.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 26 octobre 2005 - 22h11:   

Sauf que la friandise ...
n'était pas une barre de chocolat
Et le con
pas un lac où se noyer
et ses mots qui tuent
sans faute d'écriture
rien qu'à moi
Et les draps étaient bleus
le piano avait une queue
Et il reste que cet oubli fut délicieux
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 26 octobre 2005 - 22h30:   

J'ai compris l'étendue de mes problèmes lorsque mon médecin m'a proposé un traitement d'une-deux heures. Un beau médoc un bon plat c'est beau en place de médic, je l'ai trouvée amère, la pilule. Ridicule, mais attendrissant. Mon attendrissement possède le sublime pouvoir de les rendre flasques d'un bout de doigt. Et haineux, parfois. Quelle importance ? Etre comprise n'a jamais été ma raison d'être. Je lui ai donné le nom de ma dragée, et la tenant haute, suis repartie
(Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 26 octobre 2005 - 22h43:   

Laisser pourrir jusqu'au bout.
Et laisser tomber
le cordon
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 26 octobre 2005 - 22h53:   

Te laisse les coquillages, tu pourras jouer avec l'émaux qui les vernissent. Te laisse mes rires, mes mots, mes soupirs. Ignorés. Te laisse mon chagrin, mes larmes, mes espoirs. Mes sigles et mes signes envolés. Te laisse mon dégoût. Tu sauras quoi en faire. Quelques pâtés à chat. Achevé sous un grain de pluie. Tu vois, je l'écris. J'ai digéré, je peux enfin sortir un léger crachin.

Pour être annihilée, il faut une dose d'espoir qui dépassait la contenance de mon flacon. Pardon d'exploser sans laisser de verres coupants. Je coupe la ... laisse.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 26 octobre 2005 - 23h05:   

La rage, c'est l'orage des sentiments


Les sentiments engloutis n'oragent qu'en raz de marée balayant tout.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 27 octobre 2005 - 14h16:   

Je regarde le cake saupoudré de sucre glace devant mes yeux. Sec. Passé.
Je coupe une tranche.
Une seconde.
Je coupe le long des marques du moule des dizaines de tranche fines.
Je pose le tout sur le rebord de la fenêtre.
Je regarde par la fenêtre. J'attends.
Je leur donne des noms. Pas des noms d'oiseaux. Des petits noms. A mes invités. L'oeil rond, la tête penchée l'air interrogatif, Jony le Pigeon hausse les épaules et se sert. Casta la Pie, Hitch le corbeau, Nero le merle, les triplés moineaux Melchior Balthazar et Melchior... vous voyez le trip quoi.
Je les regarde marcher sur les tranches de cake, tenter de s'envoler en jouant les fourmis ailées de pitance, je les regarde.
Ils me donnent faim. Je regarde le plat. Il reste le talon. Le dernier bout de cake. Autant dire, rien.
Le rebord de fenêtre est chaotique. Se pose alors une tourterelle triste. Je la reconnais à l'absence de son collier, sa façon d'être plus ronde, les ailes tachées. J'ouvre la fenêtre. Elle ne bouge pas. Je lui tends la dernière tranche. Tiens, mon coeur, c'est pas grand chose, mais c'est tout ce qui me restait.

Je me lève et quitte la fenêtre.

Il est l'heure d'acheter un plumeau, avant que la pluie sur les miettes donne au festin des allures d'indigestion. Et puis, il faut penser aux voisins, faire place nette avant leur retour. Vous savez, avec la grippe aviaire...
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé samedi 29 octobre 2005 - 20h23:   

Je retrouve la musique du crayon noir sur le papier Canson. Son côté rugueux. Pour les nids de plombs qui ne s'y décollent pas. Trois crayons. Pas plus. Un noir, un blanc. Un sepia. Une mie de pain. Des empreintes qui effacent, atténuent, caressent. Poser la mine de côté, la tête penchée, observer les 180 mg de papier couverts de points et caresser du bout des doigts.

Les couleurs viendront avec le temps.

Je retrouve le bruit apaisant du crayon noir, l'univers des ombres, rimes riches de lumière, quelque part, hors du papier. Et quand, lasse, je chiffonne un dessin, la cocotte devient mon nouveau sujet. Aussi riche que les collines somptueuses esquissées par des tissus de soie.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé samedi 29 octobre 2005 - 21h05:   

Et puis, c'est le seul contact tactile avec le papier que je supporte. Hormis certaines notices, quelques chiffres de sudokus ajoutés à quelques uns des milliards de grillages quadrillant les heures perdues de Papalaguis, l'écriture, mienne comme tout ce qui peut se lire, me fait penser à du hachis permanenté. Des trucs sans aucun sens comme un tas de runes, tout au plus décoratif. Plus perdus que des panneaux de rallye dans la brousse. J'ai trop lu.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé lundi 31 octobre 2005 - 21h17:   

L’ordinateur se biffe et se rebiffe. Il sent que son ronronnement ne m’est plus vital. Il se bloque, débloque, mais je ne perds plus le contrôle. Alt. Delete. Attitude altière. J’efface. Presse sur le bouton central de son ventre, coupe le cordon ombilical. L’éteint. Il rage, tempête. Mais à chaque fois, fidèle, soumis comme un chat de gouttière trop souvent balayé, repart. Une simple machine. Un objet. Une chose électrique. Affamé, il me voit lui servir des vis à croix. Pointes acérées. Sans aucun relief. De celles qui se confondent avec le décor planté. Ouvrir le document. Word. Etaler des mots, des phrases de cette police Arial en 12 qui ne fatigue pas les yeux. En Mode Page, pour l’illusion papelard. De la page qui savait se plier, se déchirer sous les ratures. Ecrire. S’arrêter. Relire. A peine. Laisser la souris monter tout en haut. Souris sur le X. Voulez vous conserver les modifications avant de fermer ? Tu parles. Non. Quelle modification ? Plage déserte. Page blanche. Plein écran. Non. Déçue, ventre et matrice vide, la machine souffle son éternel morceau de final. Tantanta

Le papier dans une corbeille d’osier attend les caresses d’une plume.

Alors, je reprends.

Ce n’était pas la première fois que Gisèle se rendait dans un de ces cocktails…

Non, pas là. Il faudrait décrire le brouhaha, les canapés de saumon tiédis sous les projecteurs, les miettes de flûte sur des cheveux trop laqués… non

Le bouleau traçait une ligne s’étirant vers le ciel fainéant
Se déchirant en mille lambeaux de papier






Le geyser s’élançait en peuplier de brume dans l’horizon

Sans racine

Nuage fixé au sol

Issu du néant

de la terre en béance

Et du roseau naissait une pive

Là, exactement là où l’or et l’argent se rejoignent
en cocktail …

c’est là que j’ai décidé de coller ce poster sur la porte de l’armoire à balais.


http://www.r-vision.cz/images/usa/05%20Yellowstons ky%20narodni%20park/3-29a-Midway%20Geyser%20Basin. jpg
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé lundi 31 octobre 2005 - 21h21:   

Bon, sur ce poster, c'est vrai, on ne voit pas le geyser. Seul. On voit une forêt de Geysers.

Des sapins de brume cassant la netteté de l'image, telle que les yeux ont l'habitude de la concevoir. Flou derrière, net devant.

Le truc impossible à rendre en peinture, en somme.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 01 novembre 2005 - 14h33:   

Des rencontres de files d'attente, sans fil aucun, à suivre, à tisser, à poursuivre. Indifférence attentive, bienveillante.

Comme regarder les gestes disproportionnés d'un garçon apprêtant un tartare, comme des oeuvres posfuturcontemodernismisco absconses ?

Non

Plutôt comme après un de ces repas trop lourds, mortellement ennuyeux, où l'on aurait qu'une envie, sortir de table, respirer, s'enfumer d'autres volutes. Une envie d'étirer les épaules, faire rouler sa tête autour du cou, fatigué d'avoir porté ces seaux de mots futiles. Un sourire ficelé sur un baîllement retenu, regarder, dans une indifférence attentive, bienveillante, l'hôtesse trancher le pudding final. Du pichet se verser un dernier verre, pour la langue pâteuse.

Et reprendre sa desserte, son guichet

Des rencontres de files d'attente, temps meublé d'aucune attente, comme une tente en nylon où tout se gonfle de vide aérien. Oxygène dont on n'a prend le temps de digérer le gaz. Avant de s'échapper
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 01 novembre 2005 - 17h32:   

Oui, je sais, Pinochet, le malade injugeable, Hitler, le chieur suicidé chiard, Milosevic, la fierté de ses actes jusqu'au bout, guère que les procès à contumace, qui massent qu'un peu, mais juste ce qu'il faut, les dérives des vaillants tailleurs de vies.

La peine de mort ?
Même pas
une ligne
une suite de fils tressés
une corde usée, sale, puante
moins qu'une brève
une brèche dans le normal

Dérouler la bande jusqu'au bout. En refaire une balle, une batte, une botte de foin

De ses bras guéris la balancer, au loin, en riant.

Reprendre le film au tout début
d'avant le générique
d'avant les panaris aux doigts, les chants sereins perdus
Reprendre le film du temps où solitude rimait avec sollicitude, et où tout s'arrimait, sans que nul au monde n'existait encore à vous tirer une balle d'un : tu cherches du foin ?

Foin des bocks de limonades
loin des docks des cargos de nuit, de pluie

c'est fini
Le cran de dire, de l'écrire t'as pas eu

Tu m'as tuée
de tes mains
de tes seules mains

le cran d'arrêt
tiens, je te le rends
un peu saignant ?

Non, à point

Couleur semelle.

Tout le reste n'est que poésie, flonflons oubliés
de ces marques que des doigts à peine serrés, laissent sur une peau gorgée de liquide que
du persil, de la verveine, savent écouler sans peine.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 01 novembre 2005 - 17h50:   

Voilà, cette fois, c'est fini
pch pch
c'est fini

C'était la fête de mes morts

je reprends mon meilleur rôle

pch pch pch
c'est fini

et sans mylène pour me filer son dernier tube
je m'entube superbement seule :-)
(Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 04 novembre 2005 - 19h17:   

Au début
chaque jour qui passe érode
un peu plus
le fossé
dessinant avec le temps,
un canyon
qui avance dans le désert
s'affale, s'écrase
pour ne laisser que deux monolithes
de granit
Et puis
tout s'aplanit
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 04 novembre 2005 - 22h10:   

La vie n'est qu'une série de détails.
Qu'est-ce qui différencie, intrinsèquement, une bouteille, un tesson de bouteille laminé, poli, d'une poussière verdâtre ?

Rien
une conjonction de riens

On peut toujours essayer de remonter le temps, comme on descend en rappel, une roche escarpée.

La fêlure fatale du flacon à la poussière tient de l'amoncèlement de gouttes créant une stalagtite ... dans le sens formateur (et non constructif, bien sûr).

Les détails, comme les gouttes, n'étant intrinsèquement pas déconstructifs, la magie réside dans ces amas. De néant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes

J'espère qu'elle te comble.
J'espère que vous êtes tels que je vous ai rêvés, tous les deux, main dans la main
J'espère que tu ne m'en veux pas
J'espère que tu as repris du poids et que vous êtes heureux
J'espère que tu vas bien
J'espère que ta vie sera remplie de certitudes
J'espère que vous vivrez longtemps


Et je vous dis pas Adieu, j'ai pas de dieu

ni merde, il pourrait y avoir un double sens


L'ennui va me quitter ces prochaines semaines. J'ai trouvé un travail de vendeuse de parapluies dans une boutique au coeur de la ville. Je me réjouis de la pluie qui arrive à propos. Même si dans cette pièce, la précarité de mon toit la rend trop présente. Mais c'est toujours mieux que les cartons puant les boîtes de poissons carrés.

Zut. Oublié d'acheter des enveloppes.






Je plie au milieu.
Replie les oreilles du papier pour en faire un fantôme, ou un chapeau, ou un bateau
Replie encore
Ouvre la fenêtre
et j'envoie
je laisse s'envoler le tout

dans un nuage de poussières en verre

c'est féérique.

On dirait un escadron d'une république bananière au drapeau vert.

Arrivés au sol,
le tout se met à flotter, en bateaux vert et blanc

c'est amusant. Et me voilà en vers.
(Intervenant non inscrit)
Envoyé samedi 05 novembre 2005 - 19h47:   

Tu pars, tu vaques, tu t'embarques, tout le jour, j'étais si seule.
Tu vois pas, tu sens pas, que je m'étiole, au formol, sans ta touche
et tu ne m'aimes que plus
de mes sourires
oisive
je ne suis qu'oiseau
de plumes noires encollées

there's nothing to break

I'm

bro
ken

un zest de reggae
une pointe de ska à la madness

j'ai ouvert une bouteille
pour une fois
la laisser
elle
m'emplir
déplier
mon souffle


tu es si loin de moi
ils jouent

tout va bien

et moi j'ai repris mes mots
sans ne rien repriser

il n'y plus de texture
qu'un peu de fils étirés

le jour reviendra
(Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 01 décembre 2005 - 1h04:   

o'clock, j'adore ce que tu écris... je sais, ca n'arrange rien...
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé jeudi 01 décembre 2005 - 9h20:   

moi aussi j'aime bien, mais ou est passé o'clock ?

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