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Abîmes poétiques : le forum » Vos textes (publication libre) » Archives octobre 2005 - mai 2006 » Les oiseaux « précédent Suivant »

Auteur Message
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 18 octobre 2005 - 10h51:   

quand je vois cette image,
tous ces oiseaux sur ces lignes,
prêts au départ vers le Sud,
battant le rappel des jours de bise glaciale
à fuir ;
quand je vois cette image, je me surprends à espérer
être un peu plus que ce point noir dans un horizon sombre,
cette tache aux ailes :
être un oiseau parmi des milliers,
une note légère
je n'ai pas su être ta sterne...
je me décroche une plume
et d'une voie blanche griffe mon ciel
un peu trop noir
pour qu'il te soit bleu
d'un bleu à ne jamais virer de couleurs
sur ta peau
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 15h51:   

merci marc (ou qui que vous soyez) pour l'idée de ce site.
Il est difficile de débarquer, surtout les bras vides, dans un établissement quel qu'il soit.
En guise de fleurs, j'ai pensé à ces quelques mots, inspirés de vos images. J'aime les voir, comme des notes, si volatiles, leurs noirs, leurs blancs. Leurs couleurs, aussi, quand ils s'inspirent du paradis.
Je sais, mes fleurs sont un peu ridicules, là, au milieu de votre serre. Je crois apercevoir quelques orchidées, quelques roses diaphanes. Et de la mousse. Un peu de mousse, là, sous un pot.
J'ai vu l'annonce, là, pour la chambre du Nord, celle qui reste vide depuis que les tuyaux, une nuit de froid polaire, ont gelé, rendant son chauffage impossible. Ce n'est pas important. J'ai pris avec moi mon plus gros chandail, cette vieille couverture à carreaux multicolores, et des chaussettes par dizaines. Parfois je mets une de mes mains dedans, et je me parle, cela m'amuse. Dites leur que je suis folle, une originale, une conne, quelle importance. Mais je vous prie, ce n'est pas pour moi qu'il faut réparer l'escalier escamottable menant à mon antre. En guise de loyer, je promets de ne secouer de ma fenêtre que ce qui pourrait, demain, germer en fleurs dans votre jardin.

Merci.

Ps : je vous prie de ne pas considérer mes lignes comme un appel quelconque à une reconnaissance. Du genre : chère o'clock, nous sommes heureux de vous compter parmi nous et blabla.

Etre là, sans être là,
sans jouer au cancrelat,
(je vous prie d'excuser cette image facile)
est ma devise
mon seul cours
ma façon de donner le change
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 16h44:   

Fermer la porte.
Appuyée contre le bois, je le sens se cabrer. C'est l'humidité. Il fait glacial. Le bois ça travaille, c'est vrai. Pas comme le béton qui ne fait que couler. Heureusement, il reste de l'eau. me laver et relaver les mains. Et de l'autre côté, je l'entends. Je reconnais déjà le bruit de la planche de parquet, vers le lit, qui grince quand on s'y approche. Qu'est-ce qu'il y avait déjà sur le lit ? Le sac. Ouvert. Elle n'irait quand même pas ouvrir ma boîte de cigares ? Je ne peux pas rester là. Il faut que je sorte. Lui dise qu'elle peut se garder ses mains chaudes, moi je garderai mon coeur au chaud. Et puis merde. Elle me fait mal. C'est injuste, elle écrit si doux. A sucrer n'importe quelle boisson amère. Bon.
Tirer la chasse.
Faire grincer le porte linge. Pincer mes joues. remonter le rimmel couluré à la star treck
Sortir
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 17h53:   

Style nerveux, sans fioritures. Je le savoure. Le style seulement. J’ai de la peine à adhérer au récit lui-même. Tu ferais un excellent romancier.
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 17h59:   

Une excellente romancière ?
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 18h08:   

J'aime tes mots et leur danse à la fois étrange, prenante, envoutante, presqu'hypnotique... Qui amène "ailleurs" dans un ici bien présent... C'est beau... Merci...
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 19h30:   

Pas m'envoyer de fleurs, surtout.
je pourrais y prendre goût.
je suis plus habituée aux coups
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 21h47:   

La première nuit, il faut toujours d'abord s'habituer aux bruits alentours. Il fait sombre. Il faudra que je demande où me constituer une réserve de bougies. Il doit bien avoir, un peu plus loin, une de ces épiceries où l'on trouve de tout. Avec cette odeur particulière du savon que les nuits humides transforment en parfum d'anciennes lavanderies. C'est étrange, une chambre au Nord. Tout s'y vit de lueurs indirectes. Le livreur n'est pas passé. Demain matin, je vais devoir trouver un bistro quelconque pour prendre mon café. Celui qui fume en stéréo avec la première cigarette. je suis fatiguée, il fait noir, il fait froid, autant m'enfouir sous les draps.





Ils sentent bons ces draps. Je n'arrive pas à dormir. Il y a des trains qui passent tous les quart d'heures. En fait je ne sais pas, je n'ai pas compté. La nuit on imagine tant de choses. Une porte a claqué, au loin. Des rires ont suivi. Le bruit de la vie qui avance. C'est rassurant. Et puis, on n'a pas idée de dormir si tôt, c'est vrai.



Je n'arrive toujours pas à dormir. Je ne sais pas si je vais réussir à redonner à mes chaussettes leur bordeaux d'avant. Ouais, j'avais téléchargé une musique à rendre fous les gens dans les trains, un tube répétitif. Je me la suis jouée lac des cygnes en chaussettes bordeaux. Une façon endiablée de cirer ce sol qui n'a de parquet que ses planches grinçantes. J'espèrais que cela m'achèverais. Même pas.


Pas tès poli de ma part. Oublié de mettre les fleurs dans l'eau. Elles sont belles. De cette beauté qui meurt pour le plaisir des yeux, des sens. Elles sentent bon. A côté, tentatrice, la boîte de pralinés. Prendre un cube doré comme un Valium, pourquoi pas. A l'amande, que c'est écrit. Je lis en caressant de ma langue la douceur dans mon palais. Des fleurs, du chocolat, des cartes, l'une très professionnelle, l'autre, si bohème. Les voisins sont parfaits.






Mais
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 22h36:   

Mais... ?

Les fleurs sorties d'un coeur sont tout autres que ces fleurs qui meurent si vite... Simplement parce que les fleurs du coeur sont non seulement les plus belles, mais elles n'existent pas... Juste parler avec cette étrangeté qui bat et qui maintient en vie... Sans prétention, sans but et sans pourquoi... Simplement cela est.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 8h17:   

Etranges, ces mots posés sur ma table de nuit. "Les fleurs du coeur n'existent pas".
Limite malsain, ce genre de pensées. Alors que leur coeur est précisément le plus épandu. Les fleurs du coeur existent, sinon il ne germerait que l'ivraie. Les fleurs du coeur existent, mais ne parlent pas selon le langage des tabelles ésothériques à glâner un peu partout. Comme ces calendriers celtiques, gaulois, chinois, et autres tarots.
Je ne pourrais pas survivre à l'idée que les fleurs du coeur n'existent pas. J'ai une amie qui m'offre systématiquement des fleurs précieuses. Je crois que c'est la seule personne qui m'aime et ne sais toujours pas que je les déteste. C'est comme recevoir des fleurs synthtétiques. Un nid à poussière futur. Le fleurs du coeur existent, mais parfois, ne signifient rien. Et parfois, les fleurs du coeur vous laissent des marques indélébiles sur un cache coeur de tulle blanc, comme une marque de sang, là où vous les avez serrées, ces fleurs, contre vous. Parfois, les fleurs du coeur sont du simple poison.

Les fleurs du coeur n'existent pas.
C'est affreux. Comme un décret universel.
Il n'y a rien qui soit universel dans ce monde. Même la mort prend des rythmes, des couleurs différentes. Alors, les fleurs...

Sur ces bonnes pensées au coeur épandu, il faut que je me trouve un café. Un endroit avec des brioches. Un lieu avec de l'électricité, pour recharger mes batteries. Et un journal. Peut-être.

Je regarde mon bouquet bancal, déséquilibré dans le verre à dent, appuyé nonchalament contre quelques livres, une feuille palpant un nougat de la boîte de chocolat entrouverte. M'a l'air d'avoir une existence palpitante, mon bouquet.

C'est bête. Avec ces escaliers, impossibles de mettre des talons insensés.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 15h45:   

S'asseoir une heure, les yeux dans le vide, pleurer à ne pas voir ses doigts




effacer les coulures, se peindre un sourire de cire, et ouvrir la porte au livreur de gaz.

Chercher quelques euros, dire merci, refermer la porte.

La bonbonne de gaz est arrivée !
Merveilleux. Le café du matin, les minut'soup', le tea du five, les tomates à passer sur la flamme, éclater leur peau, les carrés de sucre à faire fondre en liqueur... chic, chic, chic.

Je me demande s'il serait dangereux de ficeler autour de son collet, le pashmina au coloris trop jaune-orange pour mon teint. Pour faire joli. J'ai l'impression d'avoir un cyborg dans ma pièce. Un de ces robots issu d'une guerre quelconque des étoiles. Trop futuriste. Je sais, je sais. Je devrais regarder vers le futur. Cela ferait une touche de soleil dans le présent, c'est déjà ça.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 18h06:   

Loyer payé, je peux dépenser mon salaire en larmes
le poser sur un rebord de fenêtre, attendre qu'il s'étiole, pour avoir les pointes nécessaires à mes soufflés. Les pointes de ballerines, il y a longtemps que j'ai cessé. Peur des oignons qui ne germent qu'aux pieds qui s'enracinent. Aimer est un art, l'exprimer est un nard qui pique les yeux, pire qu'un narguilé
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 18h10:   

Un petit narguilé avec le thé?
anarchangel (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 18h24:   

"Les fleurs du coeur n'existent pas"... Quelque chose qui n'existe ne fait qu'ébaucher une perfection inatteignable... Le mot fleur, associé au coeur, et à la non existence paraît malsain et douleur alors qu'il est pureté et libération... Point de poison, ou peut-être un de ces poisons qui sait se faire remède quand on sait s'entretenir avec lui... Dans la douleur la jouissance, dans la peine le bonheur, une mélancolie sans fin qui offre le sourire aux pétales vivants qui n'ont aucune existence... Pourtant... Point d'existence aux yeux de qui ? De quoi... Etre, ne pas être..? La question ne se pose pas, peut-être...

Un diament est-il vraiment plus précieux qu'un simple cailloux ? Au nom de qui, de quoi... Il est des pierres qui valent milles êtres humains, et des humains qui valent milles univers... Perdre pour retrouver... Le regard perdu dans un vide aux limites issus de l'esprit observant cet infini... J'aime tes mots, je n'ose qu'à peine glisser ceci, point de flatteries ou de fleurs, simples sincérité de gamin noyé dans les nuages...
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 18h26:   

Non merci Nao. J'ai déjà l'effet. Mais si tu as un mouchoir dans ton sac, j'aimerais bien. Le papier ménage, au bout d'un moment, ça vous fait un nez de clown.
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 19h09:   

Je me délecte, o'clock. Je SUIS dans ta chambre de bonne. J’attends la suite des événements avec impatience.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 19h53:   

Evènement ? Il n'y aura pas d'évènement. Tout au plus quelque aveinement, quelque nerfs à dégainer, la douleur à vif, c'est tellement plus fort.

Il est charmant, cet André Carruzzo, le système sauna. Le vrai sauna à la nordique. A l'envers. J'essaie d'ignorer sa façon insupportable de poser ses chaussures sur la seule table de ma pièce. Mon bureau, ma livrée d'hôte, mon tambourin, mon coin d'auge.

Attendre la suite des évènements, comme si j'allais écrire un bouquin.
Ma seule phrase d'auteur, à moi rien qu'à moi, mon idée de génie, j'en hurlerai de rage, tenait en une seule lettre. Narcissisme de l'écrivain. Je ris. Plus aucune importance.

Oui, je n'ai qu'une envie, jouer les divas.
Couchée sur le lit, écarter les cuisses, humecter les lèvres de quelques larmes cueillies dans les cils et lancer un voilà, je suis prête pour la suite. L'amour, il n'y a que ça de vrai. Non ?
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 20h06:   

Je respecterai ton coin d’auge. N'interviendrai plus. Mais j'y reviendrai, muet.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 21h45:   

J'adore ce tableau. Une femme, nue, assise sur un fauteuil, qui regarde par la fenêtre. Elle n'est pas sur le rebord de la fenêtre. Elle ne joue pas d'un doigt sur un piano, à côté d'un homme lisant un journal. Elle n'est pas debout, avec une cigarette à la main, dans la lumière jaune. Elle n'est pas là. Dans un bistro aux allures d'aquarium, une main tendue sur rien, devant un serveur tout de blanc vêtu.
Elle est assise, sur un fauteuil, devant une fenêtre. Elle me fait penser à cet homme, qui lui aussi, est assis à une fenêtre. Dans ce même univers oppressif de buildings sans aucune trace du passé. Minimalisme à se glacer le sang. Ils sont si rares, ces instants à la chop suey.
Parfois, dans la chambre sombre je passe en rythme affolé, Hopper - Monet, Hopper - Monet. Une envie de trouver quelque chose de doux, de commun à ces deux univers. Une étincelle de vie. Agrandir l'image jusqu'à la moindre touche. Tiens, peut-être que le Palacio aurait quelques touches dans les tons...
je me passe les images
en boucle
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 22h06:   

J'ai vu, un jour, un tableau remanié d'un tableau de Hopper. Cela m'a fait sourire. c'était ici

http://www.archaid.se/livinga/pub/hopper.jpg

Celui que j'ai été c'est Automat. La table est restée vide. On s'habitue. Au vide.

hopper edward sur google/images. Ces seules images suffiraient à la trame de mes évènements. de ma grande oeuvre littéraire.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé jeudi 20 octobre 2005 - 22h40:   

L'obscénité c'est imaginer mes mots reçus comme des coulures de bave. L'obscénité, serait de le transformer en fantasme. L'obscénité, c'est aimer sans retour.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 14h34:   

Les mots m'ont laissée. Aujourd'hui, ils me confortent dans le goût de la solitude. Ces dialogues de sourds, ces discussions sans écoute, ce sentiment de discuter avec des êtres qui oublient leurs propres mots ne me touchent même plus. Tout, tout me ramène à ce terrible constat. La solitude, l'absence de mots partagés est le seul bien que l'on possède. Les rhéteurs de l'âme se faisant recteurs de l'âme de vos mots, me font si peur. Ces mots jetés pêle-mêle comme un nouveau riche vous apporterait une bouteille de vin, des fleurs, du chocolat, le tube de l'été, le Goncourt, et le dernier Gadget de chez Vogue, pour être sûr de ne rien risquer. Rien risquer de son âme. A tâtonner la vôtre. La misanthropie latente chez moi, est devenue un état sans attente. Je n'en souffre pas. Plus. J'arrive à l'écrire.
Bien sûr, je souffre de l'absence des champs de fleurs à semer, des moissons à recueillir sur des brindilles de cheveux, des images qui me sautaient aux yeux aussi simplement que des enfants dans mes bras. Les yeux creusés, je croise les bras. Un peu de froid.
La solitude de l'âme est un choix qui permet de laisser choir tout ce qui amplifie la sensation de solitude de l'âme. C'est douleureux, mais moins douleureux, qu'emplir son âme de plis.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h09:   

Un diamant est-il plus précieux qu'un simple caillou ?

diamant caillou t'es pas
diamant du vinyl tu fait musique
diamant des vitres tu fais des formes
diamant des mines tu es l'or

Et moi, et moi demande le caillou ?

caillou solitaire tu n'es pas
ta facette humaine, c'est le solidaire
que tu fais diamant, en cailloux ...
diamants des chemins à suivre

Parler du monde minéral m'a donné soif.
Tiens d'ailleurs, ce serait un sujet à explorer. l'agathe mousse tient-elle du monde minéral ou végétal ? Et cela me fait penser, aussi, à ces pierres issues du monde végétal que l'on nomme sucre candi. Diamant brun dont le sable est un sucre d'une rousseur qui n'a d'égale que sa douceur. Et cela me fait penser, aussi aux galets sucrés de mon enfance. Et cela me fait penser, aussi... qu'il faut que je fasse une pause entre l'heure du café et celle du thé.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h21:   

Un petit sablé de Bretagne, ou un galet solognot aux amandes, peut-être?
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h37:   

Cher XXX XxXxx
Cher XxxXxX
XXXXXXXXXXX

Bonjour !

Non

Hello !

J'espère que tu

XXXXXXXXX j'espère que dalle

merde

Bonjour, ces quelques lignes pour te dire que si je devais, un jour, prendre ma plume

conne, va, t'es en train de le faire


Merci pour tes mots, mais mes mots à ton égard sont encore plus simples :

Je n'ai qu'un regret dans cette vie : avoir croisé ta route.

......

un peu sec, quand même


XXXXX

Hello !
ThanX
4 U words,
but 4 me U R Dead.
Fuck U

Mais diable pourquoi devrais-je répondre à ses salutations !?!
Note : (chers auteurs ci-dessus, je vous prie de ne pas tenir compte de ne pas prendre à votre adresse, mes mots, il s'agit ici de quelques notices auto-biographiques, de ma propre biographie, ou non-biographie, c'est en cela qu'il m'est difficile, entre autres d'accepter que l'on puisse commencer à mélanger tout cela).

Note à la correctrice : svp cherchez des mots plus châtiés.

Note à l'éditeur : Monsieur, je vous prie de bien vouloir noter que le passage ci-dessus n'est pas destiné à la publication, étant donné, Cher Monsieur, qu'il ne s'agit que d'un apparté dans le cadre d'un premier jet. Je vous prie de recevoir, croire et agréer ('tain, je deviens nouveau riche là) Monsieur l'Editeur en Chef, l'expression de mes salutations les plus classiquement distinguées.


Non finalement, ne tenez aucun compte de ces lignes, en ce qui me concerne, elles sont à la poubelle.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h40:   

ni l'un, ni l'autre. 100% sucre. Velouté, doux, sans aucune aspérité. Des sucreries couleur rose, bleue, ou blanche, parfois grises, aussi, pour faire plus galets. Je ne pourrais même plus dire, comme ça, d'où cela vient, mais j'adorais.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h51:   

Je pourrais évidemment, faire quelques recherches, ce ne serait pas difficile, mais mon temps de recherche, par principe se limite au besoin de découvrir, dans le sens, apprendre, m'enrichir l'esprit de ce bonheur de voir pour la première fois des choses inédites. Certes, inconnues serait un meilleur mot, vu que ce qui peut se trouver est le plus souvent déjà édité. Mais bon, jouer sur chaque mot cela va un moment. Donc, pour ces galets, je sais qu'ils existent et donc comme beaucoup de choses qui m'entourent cette simple connaissance suffit à mon besoin de science sur le sujet.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h52:   

Je me souviens à six ans avoir eu, au goût du beurre frais des biscuits L'Alsacienne, la prescience de la madeleine de Proust.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h55:   

Et à sept, enterrant une défunte fourmi, je prenais conscience de l'horreur de l'absence.
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 15h57:   

C'est lourd, ce me semble, pour un si jeune âge.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 18h42:   

Je ramasse les papiers de carambar sur le sol. Il faut dire que ce sol là, on ne le distingue pas trop d'un trottoir. Je lis les charades à l'intérieur. A six ans j'enterrais le premier chien de ma vie. En Asie on offre après les repas des biscuits avec ce genre de message. Pourtant je n'ai rien offert. Je dois me sentir heureuse.
Je ne suis pas seule. La maison fourmille de vie.

Je me souviens... de ses bras autour de moi, ses lèvres unies aux miennes, de ma main gauche remontant de sa nuque à ses cheveux...

Ce n'est qu'un rêve à oublier. Il suffit d'ouvrir les yeux. Comme des volets, béants, et se laisser emporter par la lumière
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 21 octobre 2005 - 21h54:   

Des genêts, des genêts sur l'herbe
moi si nue, et toi, toi si haute forme
n'être que goutte sans tous ces pigments
pleurer sans jamais t'effleurer
que du bout des lèvres
du bout des doigts glacis
sans lueur

Non, les souvenirs, c'est une chose à trépaner si l'on ne veut trépasser. Et les traits, pourtant, j'en ai passé. A transformer mon coeur en tréteaux où me pendre.

Vendredi soir, jour de folie, je me verse un doigt de liqueur de coin. Cela arrondit les perspectives.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 15h06:   

Sur cette vitre, les empreintes forment d'étranges nuages. Sur le piano, des gouttes en pluie. Sur ce clavier des mots arrangés. Sur ce verre, des pétales envolés. Quelques mégots collés, serrés, plantés se font coraux, bruns, dans le cendrier. Je devrais peindre mes lèvres, faire entrer la mer sur ce sable noir. Au magasin de fleurs, j'ai rendu mon tablier. Je ne peux pas travailler dans un endroit si froid. Parfumé de morts en vase.

Et puis, comme souvenir, j'ai imprimé l'échange qui, une fois ma création à 40 euros réalisée, m'a coûté une crise de nerfs d'un monsieur très très élégant.

re-re - réponse : Bon bien, bonne séance ! Keep cool, dites le avec des fleurs, le florilège est un privilège qui lance des sortilèges :-)


e-réponse : j'ai trouvé une fiche !!! oui, Monsieur Rondimolosica garde des fiches de ses clients. Le dernier bouquet était de 75 Euros...

>réponse : Je n'ai trouvé que des fiches sur les fleurs, leur mésalliance, ces choses là. Le muguet par exemple ça vous tue toutes les autres fleurs d'un bouquet. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas saison du muguet, je ne comptais pas en mettre dans ce bouquet. Bon, alors un bouquet à 40 euros.

>>réponse : je ne suis pas habilitée à vous répondre et vous prie de prendre note que je dois me rendre à une séance et ne puis, de ce fait, poursuivre ce charmant échange.

Ne gardez-vous pas des fiches des clients qui, au fil des ans, ont su faire tourner votre charmante boutique si professionnelle ?

>>>réponse : Re-bonjour ! Chère Madame, je viens de débuter dans cette entreprise, ce serait super cool de me donner une source d'inspiration quelconque. Jeune ou vieille, la récépiendaire ?

>>>>réponse : Nous faisons confiance à votre savoir faire habituel.

Ce bouquet concerne Monsieur Le Directeur, Gestionnaire de Ressources Capital et Fortunes Humaines. (GRCFH & Cie)

>>>>>réponse : Avez-vous une idée des coloris qui vous plairaient ? Oui, nous fermons à 19.00. Vive l'esclavage moderne ! :-) Veuillez être ponctuelle. ;))))





cosette.germinal@zolactor.org
info@Dites_le_avec_des_fleurs.org

Madame, Monsieur,
Veuillez confectionner un bouquet de 40 Euros pour ce soir. Monsieur passera le chercher à 18.55 (la fermeture de votre magasin est bien 19.00 ? rsvp). Nous vous communiquons ci-après les coordonnées de notre carte de crédit pour le débit de la somme précitée. soit :

1645 7574 0000 5754

date d'expiration : 10/06

derniers chiffres 873


Zolactor SA
Service comptable
283, rue du Quartier Chinois
Paris Cedex

Madame Huguette de la Fromentine




Pour 40 Euros, j'ai imaginé un truc géant. Roses Black Baccara (3x7 =21), tulipes carmin (5x3=15) lierre aux baies lustrées : Total 40 euros, et que 8 cadavres de fleurs à livrer. Eco-no-mique !Qui dit mieux ?

Il était fâché, (certainement un Monsieur de mauvaise humeur permanente). Pas très bien compris son humeur. D'ailleurs, je n'ai rien compris à toute l'affaire. Depuis quand les gens ne se déplacent-ils plus que pour prendre des livraisons quand ils sont compliqués ? Des fleurs, c'est des fleurs, non ? depuis quand les gens se foutent-ils même de l'acte de choisir des fleurs ?


Et puis, passer d'un endroit humide et froid (pour le teint des fleurs, c'est très bon, m'a dit goguenard Monsieur Rondomolosica, n'avons-nous pas, ici, présentement, une charrmante Fleurrre de plus ?) à ma chambre à papier peint à fleurs qui décollent de froid... bof

Crétin. Idiot.

Bref, j'ai perdu mon travail.
Enfin disons plutôt j'ai perdu ce travail, et gagné un nouveau : chercher une boulangerie. Le rêve. La chaleur des fours, l'odeur des brioches....
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 15h25:   

L'essentiel sera de garder libre, mon créneau du soleil. Cet instant où le soleil vient ricocher sur la fenêtre d'en face et dessine un rectangle doré contre mon mur.

Cet instant où les bribes de feuilles séchées reprennent vie et colorent l'eau brûlante.

Cet instant où la nuit envole dans un souffle enfin serein, les cages qui oppressent le coeur.

Oui, une boulangerie, un magasin de peinture, un endroit où les gens viennent se nourrir de douceurs ou de couleurs

Demain, il sera assez tôt pour y penser.
o'clock (Intervenant non inscrit)
Envoyé mardi 25 octobre 2005 - 21h29:   

Au service du travail, on m'a reproché de ne pas avoir de téléphone. Je n'ai pas osé leur avouer que je vivais sans courant. Que je n'avais pas envie de courir trouver un modèle hors de prix, de celui qui marche sans rien, sans watts, sans volts, qui n'avance que par clapotis sur les ondes. Et puis, lier sa vie à un fil c'est la mort silencieuse. Sans empreintes. Sans coups de feu. Sans lame.

Je le sais, je l'ai vu. Une dame que j'ai fréquentée, quelque temps, comme dame de compagnie. Dans ma jeunesse. Il y eut une sonnerie. Un sourire.
Un silence de mort.
Et elle s'est effacée. Sérieux. Comme ça. Devant mes yeux ahuris. C'était assez terrifiant.

J'ai passé ma main devant ses yeux. Fait quelques gimmicks puériles. J'ai sorti les sels, le parfum. J'ai couru à la cuisine, mis quelques gouttes d'ammoniaque sur son mouchoir brodé de fleurs rouges qui lui donnait toujours un air poussif. Rien.
Je me suis assise un instant.
Puis me suis levée, lentement. Dans le corridor, j'ai pris mon sac sur le secrétaire Louis XIV... le seul meuble qu'un des ignobles chats séants n'aurait osé transformer en guérite. Je me suis assise, face à cette ... Défunte ? J'ai sorti mon compact à beauté, le petit Guerlain reçu en cadeau de promo, un jour. Le miroir sous son nez ai passé.
Aucun nuage ne s'est formé.
Et dans mes yeux, aucune pluie.
J'ai pris mon café dans la porcelaine aux raies brunes, celle qui semble dessiner des mares givrées de patins fous. J'ai pris le combiné, ma main a tremblé. Une fois. Une seule. En entendant, "Hé ho ! Ho Ohh ? Hé, Ho ... Faut pas ..."
La voix c'est fait si petite, si bruissante, que j'ai regardé dans le trou si quelque insecte n'allait pas en sortir. J'ai reposé le téléphone. En prêtant une attention minutieuse sur le temps de pose. Le fond de l'écouteur sur la base a émis quelques éclairs. Il n'y avait pas de fils entortillés. Mais j'ai cru voir des serpents par milliers. Et la batterie clignotait.
Rechargée, j'ai composé quelques notes.

Et me suis versé quelques doigts de porto. Pour voir en couleurs mon delirium.

Et c'est ainsi que je n'ai pas de téléphone.

Au service de l'emploi, ils ne comprendraient pas. Alors je leur ai expliqué que je suis une militante contre les ondes. Et ça, ça les impressionne. Beaucoup. Martyre de l'anti-temps moderne, ça vous pose une personne.
(Intervenant non inscrit)
Envoyé vendredi 04 novembre 2005 - 19h22:   

Un coeur se fane
Pétale tombe
de feuilles recouvert

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