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Abîmes poétiques : le forum » Vos textes (publication libre) » Archives octobre 2005 - mai 2006 » Ultima latet. « précédent Suivant »

Auteur Message
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé lundi 03 avril 2006 - 22h40:   

C'est l'instant langoureux où le soir fait son or.
Le coeur frissonne, hélas! comme tremble ma bouche.
Ce gros grenat de sang qui embrase sa couche,
C'est la vie qui salue toute chair qui s'endort.

Quel printemps sans saveur! Le nectar en est bu
Jusqu'à même la lie. Est-on guère plus sage?
A quoi sert une plume à qui est sans bagage?
Tout au bout du chemin, être seul. Debout. Nu.

Voir l'horizon, là-bas, esquisser de noirs signes:
Ce vieillard qui titube et qui lève ses poings,
C'est à moi cette fois que, torve, son oeil cligne!

Mes cheveux s'envolent tandis qu'une main
Brandit bien haut la hache qui me fera paître
Au toujours du néant, au plus jamais de l'être!
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 11h21:   

Sujet morbide!
Que cette lecture ne vous empêche pas de passer une excellente journée!
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 14h24:   

"(...)la hache qui me fera paître
Au toujours du néant, au plus jamais de l'être"
très jolie
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 15h35:   

Merci, Nao.

Un certain Saint Cerf m'abreuve d'injures par email parce que le douzième vers n'a qu'onze syllabes. Qu'à cela ne tienne! Je le modifie pour que cesse sa détresse:

Mes cheveux s'envolent tandis que des deux mains
Il brandit haut la hache (etc.)

Tant pis pour l'indéfini (un), facteur de mystère. Tant mieux pour l'adverbe (bien), purement verbeux.

Les "hoquètements" (comme il m'écrit si gentiment) sont là pour suggérer un ahanement. (Mais peut-être est-ce entrer trop dans la subtilité...)
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 15h46:   

je vois pas l'intérêt d'essayer de rentrer par tous les moyens dans un cadre précis quitte à écorner l'effet que l'on voulait donner au départ..
en tout cas, moi je ne fait ue très rarement attention au nombre de pieds
et si St Cerf t'envoie des mail d'injures, dit lui d'allé se faire ... de ma part
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 18h12:   

La dernière (heure ?) se cache. Heureusement !
Rienadire (Rienadire)
Identificateur : Rienadire

Inscrit: 2-2005
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 21h28:   

le nombre de pieds, je ne dis pas que c'est essentiel et primordial mais enfin ça compte..un pied en moins ou en plus ça peut couper le rythme,et rompre le charme, la sonorité ça compte pour qui, comme moi, lit autant avec l'oreille qu'avec l'esprit
d'ailleurs le mot "entendre" a parfois l'acception "comprendre"
mais pour en venir à l'essentiel:
"Au toujours du néant, au plus jamais de l'être" me ravit
Tm, si mes souvenirs sont bons,s'est toujours présenté comme agnostique, grâce soient rendues à Allah que cela n'oblitère en rien ses préocupations sinon religieuses mais en tous cas spirituelles et même métaphysiques.
merci Tm
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé mardi 04 avril 2006 - 22h30:   

Merci à toi.
Je suis un Thomas peut-être un peu dur d'oreille ou un peu myope, qui sait!
La musicalité d'un poème me paraît moi aussi du plus haut intérêt. Je crois que Nao a voulu dire qu'il refuse le comptage pour le comptage, ce qui ne l'empêche pas, j'imagine, d'"entendre" ses vers. Il me paraît sain d'esprit, celui qui ne s'aliène plus à des formes préétablies. (Suivez mon regard!)
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé mercredi 05 avril 2006 - 9h15:   

C'est vrai que je suis plus branché en ce moment sur la poesie libre au niveau de la forme, ce qui n'empeche pas, bien sur de garder un rythme et une musicalité
En ce qui concerne les formes classiques il est vrai que c'est bien de jouer le jeu jusqu'au bout, mais lors de la lecture de ton poeme Thierry, absolument rien ne m'a choqué et je ne me suis pas amusé à compter les pieds pour être sur que tu respectes à la lettre la forme du sonnet
Geneviève C (Malou)
Identificateur : Malou

Inscrit: 3-2005
Envoyé vendredi 07 avril 2006 - 1h30:   

Ton poème est surprenant TM! Baroque, voire un peu "gothique"! Superbe néanmoins comme texte!
Tout ceci m'a évoqué des propos de Reverdy dans son texte "Circonstances de la poésie":
"Ce n'est pas la forme du sonnet, par exemple, qui rend certains des poèmes de Baudelaire beaux et particulièrement pathétiques, ni admirable le tour de force sonnet, qu'il tire d'ailleurs parfois par les cheveux, mais la sève de pensée, et de sentiment dont chacun de ses vers est gonflé à craquer comme une veine, et l'on peut imaginer ce que cette sève aurait pu gagner à circuler plus librement, à n'être point corsetée dans cette forme ridicule et mutilant du sonnet. Mais j'ajoute tout de suite qu'il n'y a là rien à dire. Il y avait en Baudelaire quelque chose qui devait aboutir au sonnet , et toute autre hypothèse est vaine. C'était un aspect de sa forme. Mais il n'en vient pas moins prouver davantage que la forme n'est pas en soi chose de première importance, car , quand on pense à lui, à présent ce n'est plus d'elle qu'il est question, mais de pensée ferme et puissante, d'images d'un admirable ampleur, de lucidité."
J'arrête là, je ne vais pas citer l'intégralité du texte...
Nao (Nao)
Identificateur : Nao

Inscrit: 6-2004
Envoyé vendredi 07 avril 2006 - 9h04:   

Je suis en total accord avec Reverdy ! que se soit dans son admiration pour Beaudelaire ou sa reflexion sur la forme des textes
Tm (Tm)
Identificateur : Tm

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 07 avril 2006 - 15h19:   

Et moi donc! Reverdy était d'une rare clairvoyance.
Merci de ton appréciation, Geneviève.
J'ai souvent en tête le Saturne de Goya: horresco referens!
Rienadire me plaindrait, je crois, à juste titre, de manquer de sagesse.
André Carruzzo (Dreas)
Identificateur : Dreas

Inscrit: 1-2005
Envoyé vendredi 07 avril 2006 - 17h06:   

Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts.

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Danse macabre.
Rienadire (Rienadire)
Identificateur : Rienadire

Inscrit: 2-2005
Envoyé samedi 08 avril 2006 - 12h06:   

"Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts."
de Baudelaire toujours:
".....il s'enivre en chantant du chemin de la croix"

et, plus loin

"....la soufrance, comme un divin remède à nos impuretés,
qui prépare les forts aux saintes voluptés....."

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