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RGoubet
| Envoyé samedi 29 mai 2004 - 1h12: | |
LA RUE MEURT J’ai plaqué ma femme, jeté mon auto, Renvoyé mon chien, qui aboyait trop, Ce soir, j’ai l’avenir en drame, Je me retrouve sur l’macadam ! On a viré tous les prolos, Du boulot, y’en reste plus trop, Même dans le cinéma porno, La baise aussi a ses trémolos. Tous sont descendus dans la rue, Mai 68, j’ai la berlue, La Sorbonne manque d’intellos, Et sur Paris, il pleut des sots ! Les profs, les mecs de chez Renault, Les tourneurs-ajusteurs de mots, Une même lutte, un même combat, Faucille, marteau, que faites-vous là ? Et les poètes, regards en coin, Observent de haut et de loin, Le monde du travail qui s’agite, Dans leur p’tite tête, que ça cogite ! De ce fatras, vous vous foutez bien, Faut pas m’juger, j’suis pas malin, J’dois gagner mon pain quotidien, Remplir la gamelle de mon chien. Il faut écouter, une rue meurt, N’lui restent à vivre que quelques heures, Cette rue m’a dit : moi, j’ai du cœur, J’lui ai répondu : moi, j’suis chômeur ! Laissons la parole à la rue, Démocratie, ne t’uses plus A ne servir que peu souvent, Mai 68, j’aime tes relents ! Cannes a enroulé son tapis rouge, Dans la rue, ça remue, ça bouge, Roland Garos balaye ses courts, Nos politiques font des discours… Robert Goubet
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