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suz
| Envoyé lundi 29 mars 2004 - 13h22: | |
Brin par brin J'ai, brin par brin des reminescences pluvieuses. Elles me font a la gorge une saveur tendre amère, elles me toisent d'une sardonique indulgence. J'attendais un bus revêche, j'avais sept ans ou huit, un imperméable de princesse - caoutchouc tout puissant, mieux vaut parfois rester grenouille... Le flux hatelant sur l'asphalte m'acculait au poissonier, toutes merveilles étalées - gloire de la crustace! - sur un lit souillé de voyage et d'attente.Il me prenait une terreur délicieuse, quand aux soirs de fête on se faufilait entre paires d'yeux glauques et tablier sanglant; et je rentrais radieuse un festin dans mes bras, mon père suivant. Enfin, poussiereux et grincant, un fier bus, le nombre DEUX au revers du veston. Il n'etait pas mon attendu, et j'inclinai la tête - un jour, qui sait? Le trottoir s'ornait lentement de flaquetons, d'oceans. Ainsi offerte l'expérience delicieuse de l'eau froidelentement lentement entre les orteils soudain recroquevillés comme à la marée grise d'un hiver. |
Mariechristine (Mariechristine)
Identificateur : Mariechristine
Inscrit: 12-2003
| Envoyé jeudi 06 mai 2004 - 11h11: | |
note : 4 C'est en effet le texte que j'ai le plus apprécié. J'en aime l'entrelacs ingénieux du narratif et de la condensation poétique, un monde à la fois "objectif" et onirique, de belles images ("la marée grise d'un hiver"...) et de belles évocations de sensations ("lentement lentement / entre les orteils / soudain recroquevillés"). Une seule réserve : la mise en forme du poème. Sa présentation sous forme de vers libres me semble gratuite. J'aurais préféré celle d'une prose poétique. |
Ailen (Ailen) Identificateur : Ailen
Inscrit: 9-2001
| Envoyé mercredi 12 mai 2004 - 16h56: | |
Note 4/4 J'aime beaucoup ce texte original et amusant parfois inattendu " j'aurais mieux fait de rester grenouille. " contrairement à marie Christine je pense que la prose poétique doit avoir une respiration différente.plus rythmée sans être en alexandrins bien entendu . Le trottoir s'ornait lentement de flaquetons, d'oceans. Ainsi offerte l'expérience delicieuse de l'eau froide Dans ce passage le rejets m'amusent on voit la jeune fille éclaboussée . Je crois qu'on ne le ressentirait pas en prose.
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poete77
| Envoyé mercredi 12 mai 2004 - 22h37: | |
Tu as le droit de ne pas aimer l' Alexandrin, mais pour moi, "bien entendu" est de trop . Pourquoi : "sans être en alexandrins bien entendu" Toute forme poétique est sublime si elle vient du coeur ... @micalement, Serge LAINÉ |
Ailen (Ailen) Identificateur : Ailen
Inscrit: 9-2001
| Envoyé mercredi 12 mai 2004 - 23h23: | |
je me suis sans doute mal exprimée la prose poétique n'a pas une obligation d'alexandrin elle doit respirer. et chacun respire à son rythme. j'aime les alexandrins mais je les désire si parfaits que je ne peux lire que ceux écrits il y a bien longtemps. les poètes actuels bien souvent ne retravaillent pas assez leur texte et j'y retrouve des défauts. De plus en alexandrins tant de choses on déjà été dites et redites ! les formes actuelles permettent aux auteurs d'inventer leur rythme , leur musique il est bon qu'ils aient de bonnes notions de classique afin d'utiliser les rythmes en les faisant... envie de dire " danser " et en n'oubliant pas de se servir des sonorités pour leurs évocations. assonances , allitérations , en fait lire à haute voix pour s'améliorer la poésie libre me surprend davantage je l'avoue . Enfin quand elle me semble de qualité .. à mon goût dirons nous (avec un sourire) pour la prose poétique lire Chteaubriand ou Rousseau , puis Baudelaire . ils ont été les pionniers. amitiés P.S surtout ne pas prendre mes propres textes pour une référence à ce que j'avance sinon on saurait que je suis le poète du siècle (;-))
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suzanne
| Envoyé jeudi 13 mai 2004 - 23h58: | |
En effet il s'agissait pour moi de susciter des pauses et des accelerations au moment voulu dans la lecture. Les poemes plus formels peuvent etre sublimes mais necessitent un degre de maitrise extraordinaire pour ne pas sombrer dans la monotonie de rythme - ou dans la cacophonie involontaire... amicalement et merci d'etres passes par la suzanne |