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Tm (Tm)
Identificateur : Tm
Inscrit: 1-2005
| Envoyé vendredi 16 septembre 2005 - 19h51: | |
En plein âge d'or on me prenait par la main pour franchir des ponts de pierre sur une noire rivière dont on ne voyait pas le fond surgie des âges de pierre glorifiée de lys encensée par les cygnes elle s'élargissait tel un écran sur lequel dansait un ciel royal comme pour mieux s'ensauvager après que la prunelle se ferme à un soupir de la bonne nuit j'assistais à ce spectacle il entrait dans ma chair suspendue à des mains chéries on me disait tiens-toi bien voici le monument aux Morts et mon nom m'apparaissait parfois entre des gerbes tricolores la petite tour du moulin près de la minoterie cerclée de pervenches semblait le point de suspension du monde celui des humains plus ou moins tous vieux frères et je ne m'expliquais rien de ce qu'allait faire ce train qu'absorbait l'horizon impassible Ah! cà, dame, c'est la Sauldre qui coule là-dessous, mais oui peuplée de fées nées sous les sapins dans les bruyères au pied des vergers vêtues en renards ou en cerfs en alouettes elles se baignent au gré des gués ensablés tous les matins de Pâques me ramènent au grand parc les marronniers sont mes témoins ils ont vu mes larmes tomber comme leurs feuilles lorsque les voix chéries un jour se sont tues c'est désormais seul que je longe la Dame en deuil cousue de linceuls à l'autre bout du pont il y a toujours la maison ses grands meubles noirs affranchis par les siècles sa dentelle d'antan qui taillait la bavette au soleil les matins de lait chaud les dimanches au civet les pensées qui jonchaient les parterres les greniers embaumés de pommes les caquètements des poules les lapins encagés enragés et surtout ces matins qui sentaient le café tout ça s'est envolé par la grande cheminée de marbre le carillon et son sable vermeil n'ensommeille plus la tête blonde celle qui souriait éperdue dans son rêve de grand môme Meaulnes que guettait la belle inconnue la Dame de hasard la Châtelaine d'errance la Dame Existence. |
Hélène (Ailen)
Identificateur : Ailen
Inscrit: 9-2001
| Envoyé samedi 17 septembre 2005 - 0h14: | |
du voyage dans le passé et je respire même l'odeur du café que j'adore, à des poèmes spirituels parfois moqueurs. comme deux poètes différents voilà je viens juste de trouver un regard. je reviendrai. |
Malou (Malou)
Identificateur : Malou
Inscrit: 3-2005
| Envoyé samedi 17 septembre 2005 - 0h15: | |
Etrange et envoûtant. A lire et relire.C'est très beau. |
Tm (Tm)
Identificateur : Tm
Inscrit: 1-2005
| Envoyé samedi 17 septembre 2005 - 12h11: | |
Merci de votre réaction. Elle m'importe d'autant plus que vos propres poèmes m'ont "scotché"! Reste à me déscotcher pour vous en parler... |
Malou (Malou)
Identificateur : Malou
Inscrit: 3-2005
| Envoyé vendredi 23 septembre 2005 - 0h14: | |
Oser vivre,tenter de vivre, prendre le risque de vivre. Frileusement on se recouvre de son royaume du mot et ceci est nécessaire. Comme une plante. On en sait quelque chose de ce qu'on en découd pour oser ces moissons incongrues aux verts pâturages, pour oser revisiter l'enfance de la volonté adulte de plus avoir tout à fait tricher, tout à fait menti -puisque l'on est spécimen humain-, d'être porteur de cette étincelle qui fait que puisque Dieu n'existe pas -ou bien que l'on se refuse à y croire, et que l'on prend réellement le risque de ce refus pour une raison que l'on place supérieure dans ce temps donné du parcours qui est une vie humaine-. Alors on tente de se devenir. Et seulement à partir de ce moment là, à partir de ce que l'on est et non de ce que l'on fuit la question de Dieu pourra être reposée, peut-être. Voilà en quelques mots la manière dont je raisonne, ce qui m'habite. On a besoin d'oxygène, de simplicité, de fraternité et de créativité pour croître et faire croître. |